Performances Hôtelières : Décembre n’échappe pas à la fatalité

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Écrit par Philippe Gauguier le 11 février 2019   |   292 vues0 commentaire

Le mois de décembre 2018 marque un nouveau coup dur pour le tourisme français. Alors que l’industrie du tourisme se relevait enfin après les attentats de 2015 – 2016, les mouvements sociaux, lancés depuis le mois de novembre, sont venus perturber la belle reprise des dix premiers mois de l’année. Alors que tout indiquait que 2018 finirait avec tous les voyants au vert, l’année se clôture finalement avec un recul des taux d’occupation sur l’ensemble des catégories (entre 1% sur la catégorie Economique et 7% sur le Luxe), les catégories supérieures étant les plus touchées. Si certains segments parviennent à sauver les meubles en maintenant voire augmentant leur prix moyen, ce n’est pas le cas des catégories Luxe, Haut de gamme et Super-économique, dont les RevPAR sont en baisse de respectivement 12%, 4% et 1% en décembre. A contrario, en données cumulées à fin décembre 2018, la tendance reste positive, et l’année 2018 a largement dépassé les résultats enregistrés en 2017 avec des RevPAR en hausse sur toutes les catégories entre 4% et 7%.

Alors qu’au mois de novembre, l’hôtellerie parisienne n’avait que peu subi les conséquences des manifestations des « gilets jaunes », au mois de décembre, les professionnels du tourisme ont été touchés de plein fouet. Décembre est traditionnellement un mois charnière pour l’hôtellerie parisienne avec des touristes tant nationaux qu’internationaux qui affluent dans la capital à l’occasion des fêtes de fin d’année. Les scènes de violences relayées par les médias ont fait un tort considérable à la destination, enregistrant des annulations mais surtout une baisse notable du nombre de réservations ; ces conséquences négatives devraient se poursuivre en début d’année 2019. Globalement à Paris, toutes les catégories affichent un taux d’occupation en baisse ; plus l’on monte en gamme et plus cette tendance est marquée (-3% sur la catégorie Economique à -19% sur la catégorie Luxe et Palaces). Bien que certaines catégories compensent ce recul avec une hausse de leur prix moyen (+10% sur la catégorie Economique et +7% sur le Milieu de gamme), les progressions de RevPAR ne sont pas à la hauteur des attentes. Les catégories supérieures affichent des RevPAR en recul de 9% et 20%. Malgré ce coup d’arrêt, l’année 2018 reste globalement positive avec des données cumulées en hausse sur toutes les catégories par rapport à 2017.

Le constat est le même en régions. Par rapport au mois de novembre, décembre est davantage marqué par les conséquences négatives des mouvements sociaux. Si la plupart des catégories affichent tout de même un recul de leur taux d’occupation, celui-ci reste modéré et ainsi plus aisément compensé par la progression des prix moyens. De fait, et malgré une mauvaise conjoncture nationale, les catégories Economique, Milieu et Haut de gamme parviennent à enregistrer un RevPAR en progression par rapport à l’année précédente (entre 1% et 2%). La catégorie Luxe est la catégorie la plus touchée avec une double baisse de son taux d’occupation et de son prix moyen menant à une chute de 4% de son RevPAR (contre -20,2% à Paris). Les effets des mouvements sociaux se sont donc fait moins ressentir en régions. En données cumulées, et comme à Paris, la tendance reste positive malgré le coup de frein en fin d’année.

La fin de l’année 2018 aura décidément été difficile pour la Côte d’Azur qui, après un très mauvais mois de novembre, sort péniblement la tête de l’eau en décembre. En effet, la baisse importante de la fréquentation est laborieusement contrebalancée par les prix moyens qui progressent sur la quasi-totalité des catégories. Néanmoins, cela ne suffit pas à faire progresser les RevPAR en déclin sur l’ensemble des catégories à l’exception du Milieu de gamme. Cependant, l’agglomération de Nice semble faire exception à cette tendance avec des RevPAR en progression.

Pour en savoir plus

In Extenso publie chaque mois un observatoire statistique recensant les performances du marché hôtelier de plus de 2 500 hôtels pour une capacité théorique de plus de 195 000 chambres, soit un tiers du parc hôtelier français.

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A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso In Extenso TCH

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