Tourisme : rester leader dans un secteur mondial en expansion Partie 1

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Écrit par Philippe Gauguier le 2 juin 2014   |   107 vues0 commentaire

Article écrit en collaboration avec Jean-Paul Betbèze, Conseiller économique

D’abord partir de quelques vérités très positives sur ce secteur en pleines expansions (au pluriel)

Le tourisme, c’est un important marché mondial qui va deux fois plus vite que la croissance :

1 040 milliards de dollars US en 2012 (source OMT), ce sont les recettes du tourisme dans le monde. 54 milliards (soit 5,2 %), c’est la part de la France, derrière les Etats-Unis (126 milliards) et l’Espagne (56 milliards). Les chiffres donnent les ordres de grandeur de ce secteur qui, toujours selon l’OMT, représente 9 % du PIB mondial et concerne 1 emploi sur 11 en s’occupant de plus d’un milliard de touristes internationaux (ils étaient 50 millions en 1950) – sans oublier 5 à 6 milliards de touristes internes. Ces chiffres veulent bien dire que ce secteur se développe bien plus vite que l’économie mondiale, au moins deux fois plus. A titre d’approximation, là encore, les nuitées ont augmenté dans le monde de 6,7 % par an depuis 1990 et de 7 % en 2009, au moment même où la production mondiale était en baisse de 0,4 % selon le FMI. Les arrivées de touristes internationaux ont atteint 1 035 millions en 2012, enregistrant ainsi une croissance annuelle moyenne de 3,6 % par an.

Le tourisme, c’est un marché qui bouge très vite

Le marché du tourisme prend ainsi l’allure d’un bien de luxe, avec une croissance qui va deux fois plus vite que le revenu, une « élasticité de deux » diraient les économistes, un bien qui serait ainsi peu sensible au prix et davantage à l’environnement, à la présentation, à l’image. Il faut cependant être prudent avec cette présentation, car elle masque l’explosion du phénomène en Asie (la Chine enregistre une croissance annuelle moyenne des recettes touristiques de plus de 17 %, de 1990 à 2010), ainsi que les changements brutaux de destination auxquels on assiste, avec l’attrait de nouveaux pays (Chine notamment) et les effets de la crise.

En fait, ce serait trop rapide de dire que le tourisme est globalement un « bien de luxe » au seul vu de sa croissance. C’est, dans les pays émergents, un bien de rattrapage, les Chinois notamment n’ayant pratiquement pas pu voyager aisément des années durant. C’est de plus en plus un bien culturel nécessaire pour les jeunes et les , les Chinois notamment n’ayant pratiquement pas pu voyager aisément des années durant. C’est de plus en plus un bien culturel nécessaire pour les jeunes et les vigrx info cadres vigrx pills qui veulent connaître le monde et ainsi s’internationaliser. C’est, pour beaucoup, un bien « normal » qui s’est ainsi trouvé sous pression quand la crise a pesé, conduisant à des changements de comportements (destinations moins chères, vacances plus courtes, moins coûteuses…). C’est aussi, en liaison avec le vieillissement de la population et l’importance de la population retraitée, l’occasion de vacances plus longues, plus décalées en termes de destination et plus encore de période. Et c’est enfin, avec les jeunes, avec la crise et la sollicitation d’autres dépenses, et surtout avec les nouvelles technologies, un domaine d’expansion pour des achats « malins », au dernier moment, aux meilleures conditions…

En réalité, la croissance forte du secteur du tourisme recouvre des réalités et des raisons complexes, en liaison avec un goût de connaître croissant, dans la mondialisation que nous vivons. Ceci est très positif, car durable, varié, changeant. D’où l’idée que ce secteur n’est pas seulement en expansion, indépendamment de la crise, ce qui est remarquable, mais en expansions, autrement dit en diversifications croissantes.

Ensuite, bien mesurer l’importance du secteur pour la France : il s’agit d’une « cause nationale » qui est sous une double pression, externe de la concurrence et interne du ralentissement d’activité.

La France est le pays au monde qui reçoit le plus de visiteurs, malgré la crise et la concurrence de destinations étrangères. 2012 a même connu une augmentation des nuitées (+2,4 %) plus importante que celle des arrivées, indiquant un allongement des séjours, et plus particulièrement des séjours marchands. En conséquence, la dépense des touristes en France augmente de 6,3 % en 2012, pour atteindre 35,8 milliards d’euros. Et cette évolution s’est poursuivie en 2013.

Mais les chiffres sont moins brillants pour ce qui concerne le tourisme français en France : les Français ont raccourci leurs séjours (-1,4 %) et les hébergements marchands ont baissé de 4,9 % en 2012. Et cette tendance à la compression s’est poursuivie en 2013, à un rythme moindre. En liaison avec la situation, les Français vont moins en hôtel et relativement plus en camping. Ceci explique la « sagesse » que l’on retrouve dans les prix des biens et services touristiques : entre août 2012 et août 2013, ils ont augmenté de 1,2 % contre une hausse des prix à la consommation de 0,9 % sur la période (source : mission statistique sur le tourisme).

A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso

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