Paris surnage, la Province subit !

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Écrit par Philippe Gauguier le 7 août 2012   |   111 vues2 commentaires

Avec juin s’achève un premier semestre difficile pour l’hôtellerie française. Les performances d’occupation sont en retrait et le mois de juin, traditionnellement porteur pour l’hôtellerie, n’y aura rien changé. L’hôtellerie en Province affiche un recul marqué de l’occupation que ne parvient pas à compenser le prix moyen. Paris fait exception et continue sur sa dynamique même si on peut noter une légère dégradation du chiffre d’affaires mensuel de l’hôtellerie haut de gamme.

Le mois de juin a été difficile pour l’hôtellerie française mais, comme les mois précédents, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Depuis le début de l’année, Paris affiche des chiffres d’affaires globalement en progression. Cette croissance est portée, selon les mois et les marges de manœuvre, tantôt par des gains d’occupation, tantôt par une augmentation des prix moyens. Cette situation n’exclut pas de temps en temps des défaillances, comme ce mois-ci les hôtels de charme et de grand luxe, mais elles restent ponctuelles et limitées. À l’inverse, l’hôtellerie en régions enregistre un recul régulier de la fréquentation que parvient très difficilement à compenser le maintien ou la progression des prix moyens.

Paris s’appuie sur plusieurs facteurs pour assoir cette dynamique:

  • La diversité de son mix de clientèle : la destination parisienne attire aussi bien les clientèles d’affaires que d’agrément, les clientèles individuelles que la clientèle de groupe.
  • Son statut de destination internationale incontournable. On peut toujours chipoter pour savoir si Paris est plus ou moins attractive que Londres, New-York ou Singapour, il n’en reste pas moins que la Capitale française reste attractive pour les clientèles internationales.
  • L’économie internationale continue de générer une demande pour l’hôtellerie parisienne. Les économies européennes sont, pour beaucoup, toujours en difficulté mais de nombreux autres pays continuent d’afficher une croissance de leur économie.
  • La capacité qu’ont certaines catégories à pouvoir piocher dans les réserves potentielles de clientèles que constitue la première couronne parisienne.

L’hôtellerie en Province doit composer avec :

  • Un mix clientèle souvent moins diversifié, même si en la matière les territoires ne sont pas égaux et font des efforts pour compenser et mettre en avant leurs atouts touristiques.
  • Une économie moins internationalisée ou alors essentiellement sur le marché européen qui n’est pas au mieux en ce moment.
  • Une conjoncture économique difficile qui limite les perspectives d’une reprise vigoureuse.

Au final, l’hôtellerie française, comme de nombreux prestataires de services, subit la crise. Paris surnage dans cette situation grâce à son statut privilégié sur le marché international.

Données mensuelles :


Pour en savoir plus
In Extenso publie chaque mois un observatoire statistique recensant les performances du marché hôtelier de plus de 2 500 hôtels pour une capacité théorique de plus de 195 000 chambres, soit un tiers du parc hôtelier français.
Si vous souhaitez recevoir chaque mois par mail le détail de l’étude « Performances hôtelières en France », cliquez ici.

 

A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso In Extenso TCH

2 commentaires sur cet article

  1. Greg 4 septembre 2012 à 11 h 42 min · Répondre

    Bonjour,
    Paris et le désert français… Vos conclusions oublient une réalité : le centralisme français sur Paris. Aucun gouvernement jusqu’à présent a cherché à privilégier le développement économique de la “Province” (un qualificatif diffamatoire).

    • Marie (In Extenso)
      Marie (In Extenso) 13 septembre 2012 à 10 h 46 min · Répondre

      Merci Greg pour cette précision sur le sujet de la décentralisation qui reste toujours autant d’actualité 😉

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