Mon business plan me permettra-t-il d’obtenir un financement ?

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Écrit par Patrick Deleau le 22 mai 2012   |   1 366 vue1 commentaire

Pour être pertinent un plan d’affaires doit être : clair, précis, concis et cohérent. Il est indispensable de rester dans des hypothèses lucides. Il faut aussi anticiper les incertitudes et prévoir des scenarii alternatifs.

Objectif :

  • Connaître et comprendre les attentes et les grilles de lecture des financeurs
  • Maîtriser la méthodologie d’élaboration en y intégrant une analyse des risques.
  • Savoir interpréter les indicateurs financiers clés de son plan d’affaires.

Un business plan complet doit comporter certains éléments essentiels. Il est composé de deux parties:

A – une partie écrite présentant l’activité, le créateur et l’impact du développement de l’activité. Cette partie est indispensable pour démontrer la cohérence, la faisabilité, et la pertinence de la stratégie choisie. Elle décrit le marché, les produits, la concurrence, les moyens, les projets. Les banquiers ou investisseurs jugeront ainsi de la maîtrise du projet par le créateur et la vision de sa future entreprise.

B – Un prévisionnel financier comprenant les données financières pertinentes relatives à l’entreprise. La partie financière met en évidence les moyens financiers ainsi que les flux d’argent nécessaires pour la viabilité et la pérennité du projet. Ces données financières sont directement issues des choix et plans d’actions définis dans la partie descriptive et mettent en lumière la cohérence du plan de financement.

Une analyse complète doit intégrer des indicateurs de cohérence qualitatifs et quantitatifs.

Les chiffres avancés doivent être expliqués et le texte rédigé doit trouver sa traduction dans les chiffres. Ainsi, chacun des éléments jouera pleinement son rôle.

C’est une analyse croisée entre la partie rédigée et les prévisions chiffrés qui permettra aux financeurs de se faire une idée précise de la qualité du projet. Avec cette approche, le lecteur pourra dégager plus aisément les points forts et les points d’amélioration du projet.

« Le plan d’affaires, c’est comme un puzzle : des éléments qu’il faut assembler pour former un tout cohérent ».
Pour cela, le rédacteur devra conserver une vue d’ensemble.

Nous vous présentons ci-après les indicateurs de cohérence :

Eléments qualitatifs :
Avoir un projet cohérent avec sa personnalité, son potentiel, ses compétences, sa situation familiale et ses contraintes personnelles (temps, disponibilité, charges financières en cours, santé, avoir les moyens de ses ambitions…).

  • Pour une reprise d’entreprise, il faut vérifier la cohérence entre l’entreprise convoitée et le projet personnel du repreneur,
  • Avoir des moyens (production, produits, outils commerciaux, humain) en cohérence avec les exigences du marché.
  • Moyens de production, surfaces…avec le niveau d’activité, le type de production prévue et le nombre d’emplois,
  • Hypothèses retenues (indicateurs) avec les données sectorielles (normes standards), la concurrence et les ratios de la profession.
  • La mise en cohérence, c’est aussi justifier les évolutions et les changements de nature de dépenses, les écarts significatifs.

Eléments quantitatifs :
On retiendra ici principalement des indicateurs financiers :
Le plan sera présenté et argumenté avec des indicateurs cohérents du point de vue de la sécurité et de la rentabilité financière.

  • Un bon rapport entre les apports personnels et les fonds empruntés. Un niveau de 25 à 30 % est correct. En dessous de 20 % les risques de refus de financement deviennent très probables.
  • Un plan de financement équilibré avec des fonds propres suffisants. Tous les besoins durables doivent être financés intégralement par des ressources financières adaptées à la durée de ces besoins.
  • La capacité de remboursement : la capacité d’autofinancement prévisionnelle (CAF) doit permettre de rembourser les dettes, tout en conservant une partie pour le développement. Un ratio : Dettes Moyen Long Terme/Capacité d’Auto Financement de 3 à 5 parait un maximum.
  • Le taux d’endettement : Dettes Moyen Long Terme/Fonds propres : plus le ratio est élevé, plus l’entreprise est endettée. Pour être significatif, il doit être comparé au ratio moyen du secteur.
  • Ratio de structure :
    1. Autonomie financière : Fonds propres (+ Compte Courant d’Associés)/Total bilan > 20-25%
    2. Rentabilité des capitaux : Résultat Net/Fonds Propres en cohérence avec la moyenne sectorielle.
  • Ratios d’exploitation en cohérence avec la moyenne sectorielle et les concurrents comparables :
    1. Résultat Net/Chiffre d’Affaires
    2. Frais Financiers/Excédent Brut d’Exploitation
    3. Frais personnel/Chiffre d’Affaires
    4. Besoin en Fonds de Roulement en jours : le Besoin en Fonds de Roulement doit être financé par des capitaux permanents
    5. Besoin en Fonds de Roulement / Chiffre d’Affaires : si ce rapport augmente significativement d’un exercice à l’autre, il peut traduire une dégradation de la structure financière, une mauvaise gestion des délais accordés aux clients et aux fournisseurs, ou encore une augmentation des stocks (ou des travaux en cours).
  • Seuil de rentabilité, et son évolution
  • Ratio/Effectif :
    1. Chiffre d’Affaires /Effectif
    2. Valeur Ajoutée/Effectif
    3. Frais de personnel/Effectif
    4. Attention si personnel extérieur et/ou sous-traitance
  • Pour une reprise d’entreprise, il convient également de vérifier la cohérence des résultats historiques et prévisionnels d’exploitation, ainsi que le besoin en fonds de roulement et justifier les évolutions.

A propos de l'expert

Patrick Deleau

Patrick Deleau
Conseiller en création d’entreprise, groupe In Extenso

1 Commentaire sur cet article

  1. lalalou 30 octobre 2015 à 15 h 36 min · Répondre

    C’est du professionnalisme, merci

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