Mécénat : recommandations pour les dons finançant vos actions menées à l’étranger – Partie 2

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Écrit par Solène Girard le 8 août 2017   |   27 vues0 commentaire

Votre association est éligible au mécénat et finance des actions à l’international.

Quelques règles à rappeler suite à la mise à jour de la documentation fiscale en mai 2017 qui concerne à la fois les organismes éligibles au dispositif du mécénat, en France et hors de France, et le type d’actions mises en œuvre par les organismes d’intérêt général français à l’étranger notamment.

Mes actions sont réalisées hors de France :

Une association peut exercer ses activités d’intérêt général en France comme à l’étranger. Toutefois, l’éligibilité au mécénat peut être remise en question selon le lieu d’exécution et/ou l’action entreprise.

Les actions éligibles

Lorsque le lieu de réalisation est hors de France et de l’espace européen, l’éligibilité au mécénat est conditionnée : seules certaines actions menées hors des frontières européennes sont éligibles.

Les actions humanitaires

Elles sont de deux sortes :

  • les actions d’urgence : ce sont des actions conduites afin de faire face à des catastrophes présentant un caractère imprévisible et ponctuel, qu’elle qu’en soit la cause. Il peut s’agir de catastrophes naturelles (sécheresses, inondations, séismes, etc.), de catastrophes technologiques occasionnant de graves conséquences pour la population (explosion d’un établissement industriel, etc.), de faits de guerre ou de famines.
  • les actions requises en vue de la satisfaction des besoins indispensables des populations en situation de détresse ou de misère et en vue de contribuer à leur insertion sociale. Ces actions ont, selon l’administration fiscale, pour objet principal : de répondre aux besoins sanitaires des populations en détresse (lutte contre la mortalité infantile, accès à l’eau, fourniture de soins élémentaires, recherche scientifique et programme d’action développés pour lutter contre les pandémies et maladies),
    • de fournir aux populations concernées des aides permettant l’amélioration de leurs conditions d’hébergement,
    • de leur donner les éléments fondamentaux d’éducation indispensable à leur insertion sociale (alphabétisation, scolarisation, etc.),
    • de contribuer à la protection des droits des minorités, par la mise en œuvre des garanties prévues par les conventions internationales poursuivant un but humanitaire, comme la convention de Genève,
    • de promouvoir les droits des femmes.

Les actions de développement exécutées en appui de ces actions humanitaires, permettant l’amorçage d’une activité autonome locale de nature à enclencher une amélioration de la situation des populations (ex : développement de la formation professionnelle, d’une formation universitaire locale, fourniture de bétail, etc.), sont assimilées à des actions humanitaires si elles en constituent un élément indissociable. Par ailleurs, les actions humanitaires initiales doivent concourir au développement social des populations en situation de détresse ou de misère, présenter un caractère local et ne pas être pilotées par des sociétés commerciales ou des structures à but lucratif.

Les actions concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques française

L’exposition à l’étranger d’œuvres appartenant à un musée public français, la diffusion du savoir-faire artistique de la France à l’étranger (à condition que l’opération ne confère pas un caractère lucratif à l’association bénéficiaire des dons) constituent notamment des actions concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique.

Les actions qui contribuent à la diffusion de la littérature et du cinéma en langue française, de la musique, de la peinture, de l’architecture appartenant au patrimoine culturel de la France relèvent de la diffusion de la culture française.

La diffusion de la langue française concerne notamment le soutien à l’action du réseau international des lycées français à l’étranger.

Enfin, au titre de la diffusion des connaissances scientifiques françaises (acquis des sciences exactes comme des sciences sociales), sont concernées les actions de diffusion des résultats de recherche impliquant une université, un centre ou une équipe de recherche française, seule ou dans le cadre d’une collaboration internationale, à condition que ces actions ne confèrent pas un caractère lucratif à l’organisme bénéficiaire des dons.

Les actions en faveur de la protection de l’environnement naturel

Il s’agit des actions conduites en vue de la protection de l’environnement naturel contre les phénomènes d’ampleur internationale menaçant son équilibre.

Par exemple : les actions conduites en vue de lutter contre le réchauffement climatique (appréciées au regard de leurs incidences à l’échelle planétaire), les actions relatives à la lutte contre la déforestation et la désertification, celles tendant à la conservation et à la préservation de la biodiversité (animale ou végétale), et les actions d’urgence entreprises en vue d’atténuer les conséquences des catastrophes écologies (marées noires, catastrophe nucléaire, pollution industrielle).

Les actions scientifiques

Ces actions concernent les activités de recherche scientifique menées hors des frontières européennes à condition que les résultats de ces activités de recherches soient destinés à être utilisés en France ou dans l’EEE.

A défaut de faire partie de cette liste d’actions, les dons et versements réalisés au profit des organismes ne sont pas éligibles au mécénat, sauf si les actions sont réalisées en France et dans l’espace européen, à moins que l’action constitue l’accessoire indispensable d’autres actions menées en France ou dans l’espace européen (l’organisme doit alors pouvoir justifier par tout moyen de l’affection des dons reçus en soutien de telles actions).

(Re)découvrir la partie 1

Découvrez la partie 3

A propos de l'expert

Solène Girard

Solène Girard
Responsable Associations – Economie sociale, groupe In Extenso

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