Les grandes agglomérations continuent de s’affirmer

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Écrit par Guy Boulo le 29 juin 2012   |   145 vues0 commentaire

En dépit d’une conjoncture économique morose, la montée en puissance des grandes villes françaises se confirme.
2011 a été un bon cru et, sur les 5 dernières années, la majorité des grandes agglomérations affichent des croissances du chiffre d’affaires Hébergement supérieures à la moyenne des régions.

L’hôtellerie d’entrée de gamme portée par le prix moyen
Sur la période de 2007 à 2011, la progression des agglomérations est particulièrement frappante sur les marchés économique et super-économique. Sur ces catégories, la hausse du chiffre d’affaires Hébergement est sensible.

Plusieurs villes enregistrent même des taux de croissance à deux chiffres du RevPAR.

Sur 5 ans, le seul vrai recul de RevPAR enregistré est celui de l’hôtellerie économique de Marseille. La cité phocéenne bénéficiait d’un niveau d’occupation exceptionnel, supérieur à 75%, qui a pâti de la crise de 2009. Le niveau de RevPAR de cette catégorie reste néanmoins élevé et place l’agglomération marseillaise dans les destinations leaders de la catégorie. L’ouverture en 2012 de 32 nouvelles lignes aériennes et surtout Marseille Capitale européenne de la Culture en 2013, devraient contribuer à renforcer l’attractivité de Marseille.
A quelques rares exceptions, le dynamisme du chiffre d’affaires Hébergement des établissements super-économiques et économiques a été porté par les prix moyens. Cette tendance de fond souligne les efforts de modernisation et de rénovation réalisés dans les hôtels. Elle est également révélatrice d’un resserrement des périodes d’affluence. Ce phénomène s’est renforcé avec la crise. Les hôteliers doivent donc optimiser leur prix moyen pour pouvoir dégager des marges de progression.
Le phénomène est encore accentué par le fait que l’hôtellerie économique et super-économique des grandes agglomérations n’avait pas bénéficié d’un réel rebond de la demande en 2010. Les progressions de taux d’occupation réalisées en 2011 ne suffisent pas à compenser l’érosion cumulée depuis la crise et parfois même depuis 2008.
L’hôtellerie économique et super-économique doit composer avec une conjoncture économique morose mais aussi avec une offre alternative d’hébergements de type « résidence » (hôtelière, de tourisme…). Ces établissements se sont considérablement développés ces dernières années. En milieu urbain, le nombre d’appartements sur ce marché a crû de 62% entre 2007 et 2011. Ce fort développement de l’offre, associé à la conjoncture économique difficile, a conduit à de nombreuses défaillances mais aussi à une restructuration du secteur. Celui-ci se montre de plus en plus actif et pousse les hôteliers à affiner leur offre et à mieux valoriser leurs services.

Stratégie payante pour l’hôtellerie de milieu et haut de gamme

Sur le marché de milieu de gamme, l’année a été soutenue par une légère reprise économique et par un calendrier événementiel rempli. Ainsi, Lyon et Lille ont bénéficié d’une activité événementielle traditionnellement plus forte les années impaires. Toulouse a accueilli plusieurs manifestations, dont la très médiatique venue du Dalaï-lama au mois d’août, période d’ordinaire creuse.
Le retour de la demande individuelle d’affaires associé à un marché MICE1 actif ont conduit à la hausse du chiffre d’affaires Hébergement de la majorité des grandes agglomérations. Les progressions sont ainsi, pour la majorité des villes, supérieures à 4% et conjuguent augmentation du taux d’occupation et hausse du prix moyen.
Le marché de haut de gamme a traversé depuis 2007 une période de turbulences avec des performances 2011 en retrait par rapport à 2007 pour de nombreuses agglomérations. Encore faut-il rappeler que sur les villes de Bordeaux, Lille, Toulouse, Marseille et Montpellier, le parc hôtelier 4 et 5 étoiles s’est étoffé avec l’arrivée de nouveaux acteurs. Cette dernière génération d’établissements est encore en phase de montée en puissance et trouve peu à peu sa place dans l’offre des grandes villes françaises. Le phénomène devrait toutefois perdurer avec l’arrivée à maturité de plusieurs projets. Ce sera notamment le cas pour Nantes avec l’ouverture en 2012 d’un établissement de haut de gamme dans l’ancien palais de justice.

L’année écoulée marque un véritable tournant pour l’hôtellerie de haut de gamme.

Si en 2010, la reprise n’avait pas été perceptible sur toutes les villes, en 2011, la croissance est partagée par tous. L’augmentation de RevPAR, supérieure à 4%, est essentiellement portée par la hausse de la fréquentation.
L’attractivité des grandes agglomérations françaises s’inscrit de plus en plus dans des stratégies à 360°. Les villes cherchent à améliorer au maximum leur visibilité et à s’adapter aux attentes de la clientèle. Toulouse s’est ainsi lancée en 2009 dans la création d’un bureau des congrès, SoToulouse, avant la mise en place en 2010 d’une centrale de réservation. A Lille, il s’agit de continuer de surfer sur la vague initiée en 2004, et relancée pour le projet Lille 3000 en 2009, pour développer les courts séjours à travers une stratégie de communication et d’organisation d’événements. Lyon n’est pas en reste avec une Fête des Lumières de plus en plus populaire et de mieux en mieux médiatisée.

2012 devrait poursuivre dans cette voie. A Nantes, l’organisation de l’événement culturel « Le Voyage à Nantes » animera la destination de juin à septembre. A Lille, c’est l’ouverture du Grand Stade et Lille 3000 qui dynamiseront la clientèle de loisirs. Les autres grandes agglomérations ne seront pas en reste pour renforcer leur visibilité, construire une image attractive et attirer tous les segments de clientèles.

A propos de l'expert

Guy Boulo

Guy Boulo
Directeur de Transaxio Hôtel, Partenaire du groupe In Extenso

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