Le Bitcoin : retour sur les principes de cette “monnaie du futur”

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Écrit par Aïta NDIR le 7 février 2018   |   510 vues0 commentaire

Créé en 2009 par une personne identifiée sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le Bitcoin est une monnaie virtuelle basée sur la cryptographie. A la différence de l’Or, elle est indépendante de toute autorité centrale (banque, Etats …) et fonctionne grâce au réseau P2P (Peer to peer) aussi appelé le « blockchain ». Cette monnaie est au cœur de tous les débats : est-ce une révolution ou une bulle financière spéculative ? Ces dernières semaines, le cours du Bitcoin est devenu de plus en plus volatile. Cette monnaie qui valait moins d’un dixième de centime d’euro fin 2009, atteint les 3 000€ en septembre 2017. A la mi-décembre 2017, elle voit son cours exploser en dépassant les 16 000€ pour redescendre à une valeur d’environ 12 000€ seulement quelques jours plus tard. La nécessité de mobiliser des fonds pour financer les fêtes de fin d’années y serait pour quelque chose !

Pour l’anecdote : Qui aurait pu croire que le Bitcoin d’une valeur inférieure à un centime de dollar en 2009 vaudrait aujourd’hui près  de 10 000 dollars ?  Certainement pas le pizzaiolo qui a  accepté 10 000 Bitcoins en échange de 2 pizzas d’une valeur de 25 dollars à l’époque.

Cette forte fluctuation et l’intérêt qu’elle suscite attire les places boursières. Le Bitcoin est devenu le dimanche 10 décembre 2017 la première crypto monnaie sur un marché boursier : le CBOE (Chicago Board Options Exchange) et le CME (Chicago Mercantile Exchange) proposent depuis ce jour des contrats à terme sur le Bitcoin. Si son accession sur un marché a engendré un engouement des investisseurs la semaine suivant sa cotation en bourse, cet enthousiasme n’a pas duré puisque le cours a commencé à chuter et continue de chuter sur le début de l’année 2018. Le cours du Bitcoin avoisine aujourd’hui 8 000 €. Est-ce le signe de la fin pour le marché des Bitcoins ? Pour certains ce renversement du cours s’expliquerait par la crainte de nouvelles mesures répressives en Chine envers cette crypto monnaie ou encore par l’interdiction des échanges de Bitcoins en Corée du Sud (3e marché mondial des cryptos monnaies).

Comment acquérir des Bitcoins ?

Le Bitcoin se caractérise par l’anonymat de son détenteur et l’absence de centralisation des données. Lors de chaque opération, l’utilisateur dispose de deux codes (double clef), un privé (détenu uniquement par le propriétaire du compte) et un  public (communiqué à tous afin de pouvoir réaliser des transferts) pour valider une opération. Quatre types d’opération permettent d’obtenir des Bitcoins, outre la nécessité pour l’utilisateur d’acquérir au préalable un portefeuille électronique pour y enregistrer ses crypto monnaies :

  1. L’achat : acheter des Bitcoins à partir des plateformes d’échanges ou des comptoirs physiques avec une monnaie traditionnelle (€, $, ¥).
  2. Le commerce : vendre un bien ou un service en échange d’un règlement par Bitcoins.
  3. Le transfert : une personne possédant des Bitcoins peut vous transférer/donner des Bitcoins via un  virement.
  4. Le minage ou « mining » : « les mineurs » sont les personnes chargées de surveiller, vérifier, sécuriser et valider la chaine de blocks (blockchain). Ils doivent résoudre des problèmes algorithmiques afin de développer le blockchain et sont rémunérés, en cas de succès, en Bitcoins en contrepartie du travail fourni.

Comment céder des Bitcoins ?

La vente est aussi simple que l’achat. Elle peut se faire sur les plateformes d’échange ou les comptoirs physiques  tels que la maison du Bitcoin sur Paris, Bitcoin.fr, Gocrypto.fr…

Le blockchain : un réseau de stockage des Bitcoins

Le blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’information qui fonctionne sans organe de contrôle. Il est considéré comme un « journal des transactions du Bitcoin » qui dépend d’un protocole mis en place par Satoshi en 2009 basé sur les progrès de la cryptographie. Ce réseau est décentralisé auprès de tous les détenteurs, ces derniers participant ainsi à son bon fonctionnement. Le processus de validation et de stockage du Bitcoin procure au réseau un niveau de sécurité maximum contre toute modification.

Comment participer au bon fonctionnement du réseau ?

Le blockchain est un groupement de blocs protégé grâce à des codes informatiques. Lors de la mise en place d’une transaction, celle-ci tombe dans un bloc isolé avec les informations liées au bloc précédent sur le même blockchain. Ce bloc est crypté (sécurisé par des protocoles cryptographiques c’est-à-dire des algorithmes mathématiques). Le bloc ainsi créé apparaît alors dans le réseau en « attente de confirmation ». Suit une chaine de signatures numériques pour vérifier et signer la transaction à l’aide des clefs (publique et privée). Les ordinateurs destinés au minage disposent d’une dizaine de minute pour générer une empreinte cryptographique afin de valider la transaction en attente. Lorsque l’empreinte est générée, on parle de « confirmation ». Cette dernière permet d’insérer la transaction confirmée dans le blockchain et de la diffuser dans les nœuds du réseau. Les mineurs sont avertis lors de la génération d’une empreinte et sont appelés à travailler sur les autres transactions en attente.

Ce « travail de confirmation », connu sous le nom de « minage », est indispensable pour le fonctionnement du réseau et donc la survie du système. Compte tenu de la difficulté pour résoudre les algorithmes et le temps nécessaire pour y parvenir, les mineurs sont rémunérés à hauteur de 12,5 Bitcoins (depuis juillet 2016) par empreinte générée. Cette rémunération est divisée par deux tous les quatre ans environ (50 Bitcoins à l’origine mais seulement 6,25 Bitcoins en 2020). Par ailleurs le réseau limite le nombre de Bitcoin à 21 millions. Aujourd’hui presque 17 millions de Bitcoins ont été créés depuis sa création.

Les risques associés au Bitcoin

Le Bitcoin est une monnaie virtuelle, donc potentiellement fragile et risquée. Son succès dépend totalement de la crédibilité que veulent bien lui accorder les utilisateurs. Outre les risques déflationnistes (du fait de la limitation du nombre de Bitcoins à 21 millions), on peut distinguer deux principaux autres risques : risques techniques et  risques de fraudes.

Les risques techniques

L’informatisation du réseau du blockchain induit des risques liés aux failles et problèmes du système, par exemple:

  • Un bug informatique,
  • Un problème de stockage des transactions sur le réseau compte tenu de sa taille croissante.

Les risques de fraudes

Au-delà des risques techniques précités, le mécanisme lui-même de la crypto monnaie génère d’autres risques:

  • L’attrait des hackers, cherchant à casser le système ou à s’approprier les Bitcoins,
  • La possibilité que les transactions réglées avec des Bitcoins cachent, de par l’anonymat attaché à la propriété de cette cryptomonnaie, des opérations de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme.

Ces risques sont d’autant plus importants qu’il n’existe à ce jour aucune règle de gouvernance ni aucune autorité réglementant la cryptomonnaie (AMF, ACPR, Etats, banque centrale…).

Quelles garanties sont apportées aux détenteurs de Bitcoin ?

Du côté des propriétaires de Bitcoin, l’anonymat qui caractérise son propriétaire et l’absence de normalisation financière ne permettent d’offrir aucune garantie sur ce type d’investissement ; d’où la maxime communément admise « n’investissez jamais plus que ce que vous êtes prêt à perdre… ». Les Etats libéraux réfléchissent aujourd’hui à la manière de réguler ce type de monnaie pour éviter un drame financier. D’autres pays plus stricts, telle la Russie, interdisent déjà les opérations avec des cryptos monnaies sous prétexte de protéger leur monnaie traditionnelle.

En conclusion, le Bitcoin est une monnaie électronique, astreinte à aucun encadrement réglementaire, basée sur un réseau décentralisé qui est le blockchain. Son succès, principalement lié ces derniers mois à des comportements spéculatifs, l’a conduit sur les marchés boursiers. Compte tenu des enjeux financiers, les Etats s’interrogent aujourd’hui sur la fiscalité des produits financiers générés par les Bitcoins et de l’impact du blockchain sur les transactions financières.

Aïta-Sene NDIR,
Chargée de mission technique comptable, groupe In Extenso,

Miguel HERNANDEZ,
Expert-comptable commissaire aux comptes, Direction technique, groupe In Extenso,

A propos de l'expert

Aïta NDIR

Aïta NDIR
Chargée de mission technique comptable, groupe In Extenso

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