L’automne jette un froid sur l’hôtellerie

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Écrit par Philippe Gauguier le 9 novembre 2012   |   126 vues0 commentaire

Septembre aura déçu les attentes des professionnels avec des performances en retrait de l’année passée. Mois stratégique pour les hôteliers, Septembre voit l’occupation de la majeure partie des territoires et catégories observés baisser. Le recul est plus ou moins marqué selon les destinations et connaît même quelques exceptions, mais la tendance de fond est là. Certes, les prix moyens ont progressé, mais à l’exception de Paris, cette progression n’a pas permis d’enrayer le recul du chiffre d’affaires hébergement.

Septembre est traditionnellement un mois stratégique pour l’hôtellerie française. Passée la  pause estivale, les entreprises reprennent leur pleine activité et, avec elle, les déplacements d’affaires. C’est aussi la reprise du marché MICE avec ses allotements en chambres. Enfin, une belle arrière saison peut, encore davantage, venir dynamiser l’activité avec une clientèle loisirs qui prolonge la saison estivale. Bref, la conjonction des segments de clientèles fait du mois de Septembre, à l’égal de Juin, un mois de forte activité…quand tout se passe bien !

Définitivement, Septembre 2012 ne s’inscrira pas dans les annales comme un mois de référence. La quasi-totalité des catégories et des destinations affichent une baisse de la fréquentation. L’occupation des hôtels est en recul, et même Paris n’y échappe pas, si l’on fait exception des hôtels de Grand Luxe. Les baisses sont plus ou moins marquées selon les territoires – limitées à moins de 4% sur Paris et la Côte d’Azur, mais pouvant atteindre 7% en Province – et certaines agglomérations, comme Le Havre, Rouen ou Nancy, parviennent même à afficher des progressions du Taux d’occupation (TO), mais il n’en reste pas moins que la tendance générale est à un recul de l’occupation des hôtels.

Il est vrai que les hôteliers en place doivent faire face à un véritable effet ciseaux. D’un côté, la crise pousse à limiter les déplacements d’affaires et induit une pression à la baisse de l’occupation des établissements. D’un autre côté, l’offre en place sur les destinations tend à s’élargir et à reporter sur un plus grand nombre d’acteurs les nuitées consommées. De nombreuses destinations ont vu, en effet, leur parc hôtelier s’étoffer ces derniers mois avec l’ouverture des projets développés pendant le dernier haut de cycle. Selon les agglomérations, la progression du nombre de chambres disponibles peut atteindre ou dépasser les 10% sur les 2 dernières années. A terme, ces établissements contribueront indéniablement à renforcer l’attractivité des destinations, mais pour l’heure, leur offre vient se rajouter à un marché atone.

A la différence de l’occupation, les prix moyens (RMC) font de la résistance et sont en progression sur quasiment toutes les catégories, que ce soit à Paris, en Province ou sur la Côte d’Azur. En général, l’augmentation est plus forte à mesure que l’on monte en gamme même si l’hôtellerie de Grand Luxe de la Côte d’Azur, sous la pression de Cannes, fait exception en la matière. Toutefois, pour de nombreuses destinations, les gains enregistrés sont modestes. Ainsi, en Province, les hausses de prix moyens peinent à dépasser les 2% de croissance en Septembre. Surtout, ces gains de RMC ne sont pas suffisants, dans la plupart des cas, pour éviter une baisse du chiffre d’affaires hébergement. Paris fait bien figure d’exception, mais pour le reste du marché, Septembre s’est achevé sur un recul des RevPAR.

Données mensuelles :


Pour en savoir plus

In Extenso publie chaque mois un observatoire statistique recensant les performances du marché hôtelier de plus de 2 500 hôtels pour une capacité théorique de plus de 195 000 chambres, soit un tiers du parc hôtelier français.

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A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso

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