L’importance de l’inventaire des immobilisations pour la certification des comptes

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Écrit par Francoise Grimaud-Porcher le 20 mars 2014   |   5 197 vues0 commentaire

Pour quelles raisons l’actif ne représente-t-il pas toujours une image fidèle du patrimoine ?

Les opérations de rapprochement mettent souvent en exergue des écarts significatifs entre le fichier des immobilisations et la réalité physique. Plusieurs raisons concourent à cet état de fait. En premier lieu la difficulté de communication entre les services techniques et comptables. Il faut reconnaître que les libellés des factures sont souvent succincts, globalisés et difficilement compréhensibles techniquement parlant. Ils rendent les contrôles ardus. Par ailleurs l’absence de lien entre les différentes immobilisations historiques d’un même équipement technique, (immobilisations pour partie chez la mère – pour partie chez la fille) complique la gestion des sorties d’actif.

Quelles sont vos recommandations ?

Un inventaire physique précis et exhaustif rapproché de la base comptable est la condition indispensable d’une gestion pertinente des actifs corporels. C’est avant tout la garantie de la sincérité des comptes. Les réglementations et les normes comptables tant françaises qu’internationales sont là pour le rappeler (avis sur les actifs, IFRS, US GAAP…). Les états financiers doivent refléter le patrimoine de l’entreprise. Il en va de la responsabilité des dirigeants et des commissaires aux comptes qui vont certifier que les comptes donnent une image fidèle du patrimoine de la société à la clôture.

Au-delà des aspects réglementaires, peut-on espérer un bénéfice pour l’entreprise ?

Oui. D’autres raisons militent pour un suivi sérieux et régulier :

  • Un actif gonflé artificiellement du fait de la non prise en compte des rebuts donne l’image d’un parc matériel vieillissant.
  • La justesse dans le calcul des prix de revient implique de travailler sur de bonnes bases analytiques en y intégrant des coûts de matériels réalistes.
  • Un contrôle attentif des installations générales de bâtiment permet d’identifier les erreurs d’affectations entre les biens passibles d’une taxe foncière et les biens non passibles

L’inventaire, solution interne ou cabinet spécialisé ?

Si nous comparons les 2 solutions en termes de coût et de fiabilité, dans la grande majorité des cas, l’entreprise est gagnante en mandatant un professionnel spécialisé.

Pour plusieurs raisons…

  1. Mobiliser et détourner de leurs objectifs opérationnels des ressources internes représente un coût caché jamais calculé.
  2. L’option interne consiste, dans 90% des cas, en un pointage du fichier d’immobilisations. Cette méthode interdit toute vérification à posteriori par les auditeurs.
  3. En effet comment juger de la pertinence du « cochage » de telle ou telle ligne comptable ? A contrario, un inventaire physique avec rapprochement met en parallèle le relevé technique et l’enregistrement comptable correspondant. Il est alors aisé d’en contrôler la validité.
  4. La signature d’un cabinet reconnu prenant en charge la responsabilité de la mission confère à son rapport un caractère sécurisant pour les auditeurs et l’administration fiscale.
  5. Au moment d’opter pour le choix d’un professionnel, il est important de jauger les connaissances techniques de ses experts. Elles s’avèrent déterminantes pour crédibiliser le projet en interne et pour garantir le succès de l’opération.

A propos de l'expert

Francoise Grimaud-Porcher

Francoise Grimaud-Porcher
Commissaire aux comptes, associée en région Ouest-Atlantique, groupe In Extenso

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