La fréquentation parisienne sous pression

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Écrit par Philippe Gauguier le 9 décembre 2013   |   824 vues0 commentaire

L’hôtellerie française a traversé un mois d’octobre difficile avec des chiffres d’affaires hébergement en baisse. Certaines destinations ont bien résisté et, de manière générale, la Province a stabilisé son activité mais de nombreuses agglomérations ont rencontré des difficultés. Paris fait partie de ces destinations pour qui le mois a été marqué par une dégradation des performances. Surtout, l’hôtellerie parisienne connaît depuis plusieurs mois un effritement de son occupation. Les hôteliers se trouvent ainsi soumis à une pression supplémentaire. Le niveau élevé des taux d’occupation parisiens laisse toutefois aux hôteliers les moyens de mener une politique tarifaire ambitieuse.

Une fois de plus, l’hôtellerie française a connu un mois difficile. Octobre affiche un recul du chiffre d’affaires hébergement dans quasiment toutes les catégories. La baisse va de 1% pour l’hôtellerie super-économique à près de 5% pour les établissements haut de gamme. En cause, une baisse conjuguée de la fréquentation et des prix moyens. Seule exception, l’hôtellerie de grand luxe dont le chiffre d’affaires hébergement est en progression de plus de 6%, essentiellement grâce au prix moyen puisque l’occupation a stagné.

Dans le détail, la situation est beaucoup moins homogène qu’il n’y paraît. La Province a ainsi mieux résisté que les mois passés mais avec une grande hétérogénéité dans le bilan des agglomérations. Dijon, Lille ou Marseille ont fait globalement un bon mois alors que la situation a été plus difficile pour des villes comme Bordeaux, Grenoble ou Montpellier.

Octobre n’a pas été bon pour l’hôtellerie parisienne. L’ensemble des catégories affiche un chiffre d’affaires hébergement en baisse de 5 à 6% selon les catégories. Un recul dû à la baisse conjointe de l’occupation et des prix moyens. Compte tenu du dynamisme parisien, on est tenté de se dire qu’il ne s’agit là que d’un trou d’air passager lié aux vacances scolaires ou à l’absence d’un salon. Cependant, comme le souligne Philippe Gauguier – associé In Extenso Tourisme, Hôtellerie et Restauration – si les chiffres d’affaires hébergement de l’hôtellerie parisienne restent en progression, c’est surtout dû aux prix moyens. La fréquentation des hôtels est marquée par un recul régulier. Ainsi, depuis le début de l’année, l’hôtellerie parisienne a enregistré une stagnation ou un recul de la fréquentation durant 7 à 10 mois sur 10, selon les catégories.

Il s’agit donc d’une tendance régulière traduisant une pression qui s’accentue. Olivier Petit – associé In Extenso Tourisme, Hôtellerie et Restauration – insiste néanmoins sur le niveau élevé de la fréquentation de l’hôtellerie parisienne. Paris reste un marché où le taux d’occupation (TO) passe rarement sous la barre des 70% et est le plus souvent supérieur à 80%. L’hôtellerie économique a ainsi enregistré sur les 10 derniers mois, 7 mois à plus de 80% de TO, dont 6 mois supérieurs à 85% et 3 mois proches ou dépassant les 90%. La fréquentation parisienne est donc bien sous pression mais les marges de manœuvres demeurent et permettent à un grand nombre d’hôteliers de maintenir une stratégie tarifaire ambitieuse.

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In Extenso publie chaque mois un observatoire statistique recensant les performances du marché hôtelier de plus de 2 500 hôtels pour une capacité théorique de plus de 195 000 chambres, soit un tiers du parc hôtelier français.

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A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso

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