Hôtellerie française : performances en berne !

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Écrit par Philippe Gauguier le 4 juin 2013   |   307 vues0 commentaire

Activité de services directement dépendante de la conjoncture économique, l’hôtellerie affiche au mois d’avril une nouvelle dégradation des chiffres d’affaires hébergement. Même Paris et la Côte d’Azur qui avaient plutôt bien résisté jusqu’à présent marquent le pas et enregistrent des chiffres d’affaires en recul.

L’occupation continue d’être pénalisée par un environnement économique morose mais, plus inquiétant, on commence à voir s’installer une baisse des prix moyens qui n’augure rien de bon.

Ce printemps, la lecture des notes de conjoncture économique ressemble de plus en plus à celle des bulletins météo ; jour après jour on espère l’arrivée du soleil…et on nous annonce du mauvais temps ! Stagnation du PIB, baisse de l’investissement des entreprises, recul de l’investissement des ménages, hausse du chômage, …les nouvelles économiques ne sont pas bonnes. Directement dépendante de l’activité économique et du pouvoir d’achat des ménages, l’hôtellerie est fortement impactée par la conjoncture.

Le mois d’avril s’est clôt sur un recul quasi généralisé des performances du marché hôtelier. La très grande majorité des catégories affiche une nette dégradation du chiffre d’affaires hébergement (RevPAR). Exception faite de l’hôtellerie de Grand Luxe qui résiste grâce à Paris, le chiffre d’affaires de l’hôtellerie française est en recul de 3% à 4% selon les catégories.

Surtout, si jusqu’à présent il existait une certaine hétérogénéité entre les territoires et les agglomérations, ce mois-ci la baisse des chiffres d’affaires est relativement homogène. Même des destinations comme Paris ou la Côte d’azur ont enregistré une dégradation de leur chiffre d’affaires. Certes l’hôtellerie de Grand Luxe de Paris progresse mais pour les autres catégories parisiennes le recul du chiffre d’affaires est de 2% à 7%.

La dégradation des chiffres d’affaires est essentiellement portée par la baisse de l’occupation. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de ce que l’on a pu observer depuis plusieurs mois déjà. Plus inquiétant est le fléchissement du prix moyen. Depuis maintenant 3 mois il est résolument orienté à la baisse pour la majorité des territoires. Avec une crise économique qui s’éternise et une occupation en retrait, il n’est pas étonnant que les prix moyens soient sous pression. Il ne faudrait cependant pas que cette tendance dure trop longtemps. Même s’il ne s’agit pas de jouer à se faire peur, le risque est réel de voir s’engager une guerre des prix qui serait préjudiciable à l’ensemble des hôteliers.

Données mensuelles :

Détail de l’étude


Pour en savoir plus

In Extenso publie chaque mois un observatoire statistique recensant les performances du marché hôtelier de plus de 2 500 hôtels pour une capacité théorique de plus de 195 000 chambres, soit un tiers du parc hôtelier français.

Si vous souhaitez recevoir chaque mois par mail le détail de l’étude « Performances hôtelières en France », cliquez ici.

A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso In Extenso TCH

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