La fiscalité est-elle devenue un frein à la compétitivité de l’hôtellerie française ? – Partie 1

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Écrit par Guy Boulo le 30 juillet 2013   |   397 vues0 commentaire

Avec quatre lois de finances votées dans l’année, 2012 aura été particulièrement chargée pour nos parlementaires. Dans un contexte de crise et de réduction du déficit, la tendance globale aura été à l’augmentation des prélèvements, que ce soit pour les particuliers (surtout s’ils ont un peu de biens) ou pour les entreprises. Qui ne le sait pas ! Evidemment, le secteur de l’hôtellerie n’échappe pas à la punition : hausse de la TVA, limitation à la déductibilité des charges financières, limitation du droit au report des déficits… Chacun doit participer à l’effort collectif.

Face aux perspectives d’alourdissement des charges, la réponse invariable des entrepreneurs est « perte de compétitivité » et « frein à l’embauche et à l’investissement ». Dans le cadre de l’hôtellerie, la compétitivité n’est pas un sujet à prendre à la légère. Nous ne parlons pas de la compétitivité « interne », celle qui oppose les hôteliers à ceux qui proposent en France d’autres formes de services similaires (et peuvent bénéficier d’une fiscalité plus légère), mais de la compétitivité à l’international.

Il ne faut pas croire que c’est le lieu d’implantation de l’hôtel qui dicte seul la décision des clients de venir séjourner chez nous ou chez nos voisins. Les facteurs prix et qualité des prestations ont leur importance. En alourdissant la charge fiscale, on obère nécessairement la marge et donc les moyens qui peuvent être affectés à la rénovation des établissements ou à l’embauche.

Dans ce cas, c’est la qualité du produit et du service qui est affectée. L’hôtelier ne peut pas indéfiniment imputer l’excédent de charges sur sa rémunération. In fine, si l’hôtelier veut maintenir le même niveau de prestation, c’est nécessairement le prix au client qui doit être impacté. Or, le prix reste un élément du choix de la destination, pas seulement pour ceux de nos hôtes les moins fortunés, mais aussi, par exemple, pour les organisateurs de séminaires et congrès – une part très importante du chiffre d’affaires des hôtels, notamment sur Paris – ou pour les agences de voyages qui, en fonction des marges qu’elles pourront dégager, favoriseront une destination plutôt qu’une autre.

Dans la compétition qui oppose les hôteliers français à ceux des pays voisins, quel est le poids de la fiscalité ? Doit-on croire ceux – nombreux – qui nous répètent que les voisins sont toujours mieux traités ? Ou les quelques-uns qui tentent de nous rassurer en nous rappelant que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs ? On s’en doute, la réponse est loin d’être simple. Notre ambition n’est pas de faire une analyse exhaustive de la situation – le seul choix des critères de comparaison pourrait faire l’objet d’une thèse ! – mais de comparer les récentes mesures fiscales introduites en France et qui affectent l’hôtellerie aux régimes appliqués dans les pays limitrophes sur les mêmes sujets.

A propos de l'expert

Guy Boulo

Guy Boulo
Directeur de Transaxio Hôtel, Partenaire du groupe In Extenso

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