L’évaluation de l’entreprise, le juge de paix

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Écrit par Jérôme Schibler le 11 décembre 2013   |   230 vues2 commentaires

Interview de Jérôme Schibler (Directeur et associé chez Transaxio – Partenaire du groupe In Extenso) et Marc Roesch (Directeur de Site Région Grand Est, responsable des Synergies et associé chez ‎Cabinet Roux – Partenaire du groupe In Extenso) qui nous expliquent l’intérêt pour les entreprises d’avoir recours à une évaluation neutre de la valeur d’une entreprise, même en dehors d’une transaction ou d’une succession.

Dans le cas d’une cession, l’évaluation de son entreprise est une nécessité. Qu’est-ce qui justifie de le faire en dehors de ce cas ?

De nombreuses situations le justifient. Par exemple, lorsqu’un entrepreneur s’interroge sur une stratégie pluriannuelle et des investissements lourds, nous constatons qu’une évaluation neutre de la valeur de son entreprise éclaire sa décision. Les discussions avec des partenaires financiers ou une recomposition de l’actionnariat justifient également une telle démarche. Il s’agit d’un outil de pilotage qui s’appuie sur une valeur à date précise et permet de préparer une stratégie en s’appuyant sur une situation réelle.

Le bilan et les compétences du chef d’entreprise ne sont-elles pas suffisantes ?

Lorsque nous intervenons dans une entreprise, y compris des TPE, nous sommes armés d’études comparatives du secteur d’activité. Par ailleurs, nous croisons de nombreux indicateurs, y compris évidemment le bilan et les relevés fiscaux, mais nous allons beaucoup plus loin. Nos experts vérifient dans le moindre détail les questions normatives et réglementaires et les surprises ne sont pas rares. Un exemple : nous rencontrons des situations où les dirigeants découvrent – parfois de bonne foi – un écart entre les loyers versés et la valeur locative réelle du bâtiment. Cela joue dans les deux sens, mais lorsque nous sommes confrontés à des dirigeants qui ont tendance à « jouer » avec le niveau des loyers pour valoriser la valeur ajoutée ou a contrario, la minorer, notre rôle est de rester neutres et d’expliquer les inconvénients de ce genre de pratique.

Est-ce donc risqué de rentrer dans une telle démarche ?

Le très grand avantage d’une évaluation neutre réside dans le fait que nous ne sommes pas intéressés par la transaction. Nous ne donnons que la vérité, selon l’état réel du potentiel corporel et incorporel. La valeur des brevets et licences, ou d’une marque, est rarement estimée à sa juste valeur ! Avec notre évaluation, le dirigeant dispose d’arguments incontestables aussi bien dans le cas d’une cession ou d’une succession que dans un projet d’investissement : c’est à partir de cette base que le dirigeant peut construire une stratégie de valorisation qui s’appuie sur des données fiables. Mais nous pouvons également affiner notre analyse en fonction de situations précises, comme le cas de ce patron désireux de céder son entreprise en conservant les brevets et licences pour son propre compte.

Quelles sont les entreprises pour qui cette démarche serait utile ?

C’est très large. Nous évaluons des commerces, des TPE artisanales mais aussi des entreprises effectuant des chiffres d’affaires bien plus conséquents ! L’utilité réside aussi dans le fait de mettre vraiment à plat l’ensemble de l’environnement d’une entreprise, de son éventuel bail, sa conformité réglementaire, les évolutions prévisibles de marchés qui peuvent être porteurs un temps, mais plus fragiles à terme, etc. Nous passons tout au crible…même ce qui parfois, fait mal à voir écrit noir sur blanc !

A propos de l'expert

Jérôme Schibler

Jérôme Schibler
Directeur et associé chez Transaxio - Partenaire du groupe In Extenso

2 commentaires sur cet article

  1. didROUX 17 février 2014 à 19 h 01 min · Répondre

    Bonjour,

    Tout d’abord, d’accord avec vous sur le fait que l’évaluation est une démarche utile y compris en dehors d’une transaction.
    Déjà parce qu’entrer en phase d’évaluation conduit à se poser de bonnes questions : où est ma marge, comment se forme la valeur de mon business, etc… C’est déjà une démarche stratégique “enrichissante”.
    Ensuite, parce que le vrai résultat économique de l’entreprise au cours d’une période, c’est sa “variation de valeur”. Ce qui suppose donc de la mesurer et qui peut souvent se révéler bien éloigné du simple résultat comptable en mettant l’accent notamment plus sur le “cash que sur la marge.

    Par contre, là où je vous suis moins (mais ce n’est peut-être qu’une question de formulation) c’est de laisser à penser qu’il existe “une” évaluation neutre. Financier ou comptable, on le sait tous, cela n’existe pas et d’ailleurs l’étude de la sensibilité de la valorisation à certains facteurs est tout autant utile que le chiffre “final” de la valorisation elle-même.
    Mais un dirigeant non au fait peut croire (et je l’ai déjà vu) que cette fameuse évaluation unique et indépendante existe surtout si elle est réalisée par un expert-comptable.
    Et comme en plus, il est difficile de faire comprendre qu’une évaluation n’est pas un prix de transaction – qui lui est le résultat d’une offre et d’une demande sur un marché de gré à gré donc imparfait – les attentes d’un cédant peuvent se révéler très éloignée du prix potentiel payable par un acheteur. D’où des transactions qui ne se font pas.

    A vous lire à ce sujet.
    Cordialement.

    Didier ROUX
    à la recherche d’une PME ou d’un commerce à reprendre – Sud-Bretagne – Centre-Ouest – Aquitaine

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    • Marc Roesch 27 février 2014 à 14 h 11 min · Répondre

      Bonjour,
      Tout d’abord, merci pour votre commentaire.
      En ce qui concerne la méthode d’évaluation utilisée, nous évoquons l’utilisation d’indicateurs neutres selon une méthode donnée qui permet de se positionner à un instant T sur un marché.
      Cette méthode est établie par des experts évaluateurs indépendants, non soumis aux règles de l’expertise comptable.

      Ensuite en effet, comme vous l’indiquez le reste subit la loi de l’offre et de la demande.

      Bien cordialement,

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