Crowdfunding : la nouvelle source de financement pour les associations ? – Partie 2

Partagez cet article :
Écrit par Michèle Lorillon le 10 juillet 2014   |   312 vues0 commentaire

Pour autant, ce mode de financement va-t-il résoudre tous les besoins de financement des associations ?

Bien entendu, la réponse est non. Le crowdfunding finance des projets et non la totalité du fonctionnement de l’association. Et encore faut-il que les internautes contributeurs soient attirés par votre projet ?

Quelques règles sont à mettre en place pour la réussite de la collecte :

  • Une campagne de collecte doit être préalablement organisée avec un calendrier des différentes étapes de la démarche (comme pour le mécénat).
  • En parler autour de vous, aux bénévoles afin qu’ils puissent, eux aussi, faire le relais auprès de leurs connaissances ;
  • Présentez un projet de façon « professionnelle » avec étude des besoins, description attractive du projet, éléments financiers (budget, plan de financement). Vous devez prévoir le montant que vous souhaitez collecter par le biais d’internet. Il est à noter que le don moyen s’élève environ à 20 euros par contributeur ;

Il est impératif de soigner la présentation « commerciale » de votre projet et de savoir le vendre pour qu’un maximum de contributeurs le finance. Utilisez tous les outils permettant une communication dynamique et active (vidéos, informations régulières sur le projet, sur la vie de l’association). N’hésitez pas à indiquer les actions déjà entreprises par le passé avec leurs résultats.

Le développement de ce type de collecte nécessite néanmoins vigilance et conseil aux candidats à la collecte de fonds :

Il existe beaucoup de plateformes. Il convient, avant d’en choisir une, de connaitre quelques informations les concernant :

  • Comment les fonds collectés sont-ils transférés à l’association ?
  • Comment la plateforme est-elle rémunérée ?
  • Quel est le niveau des frais ?
  • Qu’est-ce que la plateforme vous aide à faire ?

Par ailleurs, l’association, si elle souhaite utiliser l’effet de levier du régime de la réduction d’impôt liée aux dons des particuliers et du mécénat des entreprises, doit s’assurer qu’elle respecte bien les conditions de l’intérêt général.

Attention dans ce cas, à une contrepartie trop importante au niveau fiscal. L’administration fiscale admet une contrepartie au don d’un niveau de 25 % au maximum lorsque vous souhaitez faire bénéficier les donateurs du régime fiscal du mécénat.

Enfin, ne pas oublier que l’appel aux dons par Internet est assimilé à une campagne nationale d’appel à la générosité publique. Plusieurs réponses ministérielles sont très claires sur ce sujet et plus particulièrement celle publiée au JO du 7 avril 2009 en réponse à une question de Madame Marland-Militello (n°25636). L’accès à Internet pour faire un appel aux dons est largement répandu sur l’ensemble du territoire et tout message diffusé par son biais est susceptible de toucher l’ensemble de la population.

Qui dit campagne nationale d’appel à la générosité du public, dit certaines contraintes :

  • Déclaration préalable à la préfecture du département de son siège social
  • Et surtout élaboration du fameux compte d’emplois des ressources (CER), même si vous recevez une faible somme.

A propos de l'expert

Michèle Lorillon

Michèle Lorillon
Expert-comptable associée, Responsable Associations – Economie sociale, groupe In Extenso

Laisser un commentaire