Conseils pour réussir sa création d’entreprise – Partie 2

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Écrit par Sébastien Desitter le 18 juin 2013   |   457 vues0 commentaire

Etude de marché

Il s’agit d’évaluer la faisabilité du projet en termes d’études de marché et de validité technique. En cas de besoin, on met le créateur en relation avec nos clients du même secteur pour favoriser la collecte de données et on interroge également les syndicats professionnels pour obtenir des chiffres clés tels que le taux de marge, le niveau de rémunération du personnel, le prix d’un fonds de commerce… Exemple : dans un magasin de vêtements qui réalise 100 000 euros de chiffre d’affaires, il faut un stock de 30 000 euros minimum. De la même façon, une coiffeuse seule réalise en moyenne 30 à 35 000 euros de chiffre d’affaires, pas 60 000. Nous avons accès à des études de marché très complètes sur plus de 200 métiers, ce qui permet de recadrer les créateurs. L’idée à cette étape, c’est qu’ils recueillent le maximum d’informations et rencontrent le maximum de monde pour mûrir leur projet. C’est aussi à ce moment-là qu’on leur fait rencontrer des spécialistes de la propriété intellectuelle, pour ceux qui ont des idées de brevet.

Organisation

Il s’agit de voir concrètement avec le créateur comment il compte travailler, de quels moyens il va se doter. Va-t-il acheter un nouveau véhicule ou des machines ? Va-t-il travailler dans un bureau chez lui ou dans un local commercial ? On lui demande aussi quelle sera son organisation commerciale et administrative, comment il envisage d’organiser la production…En général, les gens du métier ont bien réfléchi à cette étape… Mais il faut parfois anticiper des délais de production voire d’industrialisation d’un produit quand est à l’étape de la mise au point.

Prévisionnel

A cette étape, l’idée est de savoir quelle est la viabilité financière du projet. En clair, est-ce que le projet est rentable ? Et s’il l’est, l’est-il suffisamment ? Si le créateur se sort un revenu de 1200 euros alors qu’il attendait 2000 euros, comment faire ? Quand il s’agit d’une reprise, on compare avec les revenus du précédent propriétaire. Souvent, le créateur nous affirme qu’il va travailler plus, beaucoup plus, ce qui justifie des revenus plus importants. On lui demande combien de temps il va tenir ? 7 ans en travaillant 60 heures par semaine, ce n’est pas simple. L’idée c’est donc de déterminer le point mort, c’est-à-dire le chiffre d’affaires minimum pour ne pas perdre d’argent puis le seuil financier qui lui permet de se sortir un revenu.

Et si on établit un prévisionnel sur trois ans, c’est parce que la première année n’est pas significative : il y a des frais de lancement comme la publicité, les frais de création de la société, mais aussi les exonérations de charges. Il faut donc avoir une vision à plus long terme. En revanche, sur 5 ans, c’est un trop grand pari.

Enfin, à cette étape, il faut évaluer les investissements nécessaires au lancement de l’entreprise, mais aussi le BFR, le besoin en fonds de roulement, c’est-à-dire les sommes nécessaires à une bonne trésorerie car les clients peuvent payer tard, alors qu’on doit payer ses fournisseurs. Or on sait que certains échecs sont liés à des problèmes de trésorerie, pas d’exploitation.

A propos de l'expert

Sébastien Desitter

Sébastien Desitter
Expert-comptable associé, groupe In Extenso

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