Collectivités publiques et hébergements marchands : schémas directeurs de développement – Partie 3

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Écrit par Olivier Petit le 26 juin 2014   |   77 vues0 commentaire

Pendant la période où la loi Raffarin a été en vigueur (début 1997 à fin 2008), le schéma directeur de développement hôtelier permettait notamment aux élus locaux de statuer, de manière réactive, sur les demandes d’autorisation qui étaient déposées auprès de la CDEC, afin d’évaluer si le projet s’inscrivait ou non dans la stratégie de développement hôtelier définie pour la destination. Il reste tout aussi utile, à présent que la procédure de CDEC a été abrogée pour l’hôtellerie, pour instruire dans ce même esprit les demandes de permis de construire hôteliers. Il permet également, de manière plus proactive, de définir pour la collectivité locale des objectifs de développement hôtelier en cohérence avec sa stratégie globale de destination (ex : favoriser l’implantation d’un hôtel 5 étoiles pour mieux positionner la destination sur les marchés internationaux, favoriser le développement hôtelier sur un nouveau pôle économique en émergence, revitaliser la fonction hôtelière du centre-ville…). Il peut ainsi aider la collectivité locale à définir une « feuille de route » pour lancer des appels à projets, et initier la dynamique de projet au lieu de simplement la subir.

De notre expérience, la réussite d’un schéma directeur de développement hôtelier, dans sa période d’élaboration et sa phase de vie, passe généralement par les points clés suivants :

  1. une mobilisation de tous les acteurs locaux, tant publics que privés (hôteliers), permettant une prise en compte de toutes les problématiques et des enjeux locaux, et une appropriation efficace des recommandations stratégiques du schéma. L’externalisation de la réalisation du schéma, en la confiant à un consultant indépendant spécialiste du secteur, constitue généralement un atout pour fédérer ces différents acteurs autour d’une démarche commune, dans un esprit d’impartialité et d’objectivité ;
  2. un diagnostic Offre/Demande le plus précis possible, afin de bien appréhender la situation actuelle, et les problématiques qui y sont associées.
    Si cette recommandation tombe sous le sens, sa mise en œuvre peut se révéler plus complexe que prévue : même au niveau initial du recensement de l’offre existante (nombre d’établissements, nombre de chambres), les diverses sources disponibles peuvent être discordantes (actualisations plus ou moins récentes, méthodes de comptage différentes…), et nécessiter des arbitrages. Il en est de même pour le recueil et l’analyse des performances de marché, pour lesquelles différentes sources peuvent être disponibles (INSEE, observatoires locaux, clubs hôteliers…), avec des écarts plus ou moins significatifs. Ici encore, l’intervention d’un consultant indépendant spécialisé peut être gage d’un arbitrage indépendant, appuyé sur des guides méthodologiques éprouvés, et permettre d’éviter qu’une faille, même minime, sur le diagnostic Offre/Demande initial n’ouvre une brèche dans la pertinence et la cohérence des analyses et recommandations finales du schéma.
  3. la mise en place d’outils de suivi pendant la durée de vie du schéma, au niveau de l’offre (suivi des projets, en cours ou à l’étude), mais aussi et surtout au niveau de la fréquentation. En effet, le schéma directeur de développement hôtelier est établi à un instant T, avec un horizon de vision de 4 à 5 ans dans la plupart des cas observés. Quels que soient la qualité et le sérieux des prospectives établies, l’évolution réelle du marché reste sujette à de multiples aléas et peut donc se révéler sensiblement différente. La mise en place d’un observatoire statistique hôtelier sur le territoire concerné, avec un suivi mensuel et éventuellement une structuration par pôle géographique cohérente avec celle du schéma (sous réserve de panels suffisants), permettra d’avoir ce suivi conjoncturel régulier tout au long du cycle de vie du schéma. Il offrira également l’avantage de faciliter l’actualisation ultérieure du schéma, par ses données historiques. Cet outil est souvent géré, voire mis en place par le consultant ayant réalisé le schéma hôtelier, assurant ainsi une cohérence maximale en termes de méthodologie et de qualité de suivi.

A propos de l'expert

Olivier Petit

Olivier Petit
Associé, groupe In Extenso Conseil Tourisme, Hôtellerie et Restauration

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