Collectivités publiques et hébergements marchands : schémas directeurs de développement – Partie 1

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Écrit par Olivier Petit le 19 juin 2014   |   54 vues0 commentaire

L’intervention des collectivités locales dans l’organisation et la planification du développement hôtelier est restée très limitée jusqu’à l’orée des années 1990. Les décennies précédentes avaient vu une forte mutation de l’offre hôtelière en France, passant d’un parc essentiellement constitué d’une hôtellerie indépendante traditionnelle, à fin des années 1960, à l’intégration progressive d’une offre nouvelle, principalement impulsée par les chaînes hôtelières.

Ceci répondait à divers enjeux :

  •  développement et démocratisation du tourisme, croissance des voyages d’affaires, induisant des besoins de capacités d’hébergement supplémentaires ;
  • évolutions des attentes du consommateur hôtelier, en termes de confort, d’équipements, de services ;
  • évolution des centralités urbaines, avec le développement des périphéries de villes, adossées à de nouvelles zones économiques et commerciales et irriguées par de nouvelles voies d’accès (autoroutes, rocades…).

Dans ce contexte, le marché était nettement demandeur de nouvelles capacités hôtelières, naturellement absorbées par une croissance dynamique de la demande. L’expansion urbaine et économique des périphéries de villes procurait des opportunités foncières relativement abondantes, pour développer une offre nouvelle en dehors des centres-villes anciens (dont l’attractivité était alors en déclin).

Plusieurs vagues de développement se sont ainsi engagées de manière successive, partant du haut de gamme à la fin des années 1960 (Méridien, Hilton, Concorde…) pour se décliner progressivement vers le milieu de gamme au début des années 1970 (Novotel, Mercure, Frantel…), puis vers l’hôtellerie économique à partir du milieu des années 1970 (Ibis, Campanile, Climat de France…) et la gamme super-économique à partir des années 1980 (Formule 1, Première Classe, Balladins…).

Dans ce marché demandeur d’offres nouvelles, et où la disponibilité foncière ne constituait pas un problème crucial, les quelques initiatives de planification de la part Cialis Online des Buy Cialis collectivités locales étaient généralement liées à des projets de développement urbain d’envergure particulière, tels que :

  • le développement des villes nouvelles, particulièrement en Ile-de-France : dans ces nouveaux concepts de ville « raisonnée », l’hôtellerie avait bien sûr vocation à s’insérer en tant que composante de la planification urbaine ;
  • la création de Disneyland Paris, dont l’ampleur des flux de visiteurs anticipés imposait de planifier avec rigueur les capacités d’hébergement nécessaires, en termes de volume, de niveau de gamme et de localisation. Les premières études stratégiques de développement de l’hôtellerie seront réalisées à la fin des années 1980 et actualisées régulièrement par la suite par EpaMarne/EpaFrance sous la forme d’un véritable schéma directeur de développement des hébergements, en élargissant progressivement la zone d’étude du secteur de Val d’Europe (dans lequel s’insère Disneyland Paris) à l’ensemble de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée et à ses abords.

Le début des années 1990 marque un tournant brutal et la fin d’une époque : la crise économique frappe durement la France et ses voisins européens à partir de 1992-1993, provoquant une chute de la fréquentation hôtelière. Surtout, cette crise agit également comme un révélateur de situations de surcapacité hôtelière dans de nombreuses agglomérations françaises, découlant de développements trop rapides, mal étudiés (absence d’étude de marché, prise en compte insuffisante de la concurrence présente et à venir…) et manquant souvent de professionnalisme (propriétaires et exploitants non formés au secteur, multiplication des marques hôtelières éphémères…). La situation est particulièrement tendue dans l’hôtellerie de chaîne économique et super-économique, et aboutira entre 1992 et 1997 à la liquidation ou la reprise d’un certain nombre d’établissements, ainsi qu’à la disparition d’enseignes (Confortel, Resthôtel-Primevère, Cottage…).

A propos de l'expert

Olivier Petit

Olivier Petit
Associé, groupe In Extenso Conseil Tourisme, Hôtellerie et Restauration

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