Pourquoi faire certifier sa démarche de développement durable ? – Partie 2

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Écrit par Guy Boulo le 28 mai 2013   |   778 vues0 commentaire

Le « business case » Club Med

Le Club Méditerranée est engagé dans une démarche de certification de l’exploitation de ses villages depuis 2008. Après avoir essayé 3 labels internationaux reconnus (Ecolabel européen pour les hébergements touristiques, EarthCheck et Green Globe) sur des villages pilotes, le label Green Globe a été retenu pour le déploiement dans l’ensemble des villages. Fin 2012, le Club Méditerranée comptait 36 villages certifiés, soit 53% des villages en exploitation. L’objectif est d’atteindre 70% du parc certifié en 2013 et 100% en 2015.

L’entreprise a décidé de certifier sa démarche avec un label externe pour les raisons mentionnées auparavant mais également parce que cela fait du sens en termes économiques et pour le développement de l’activité. La labellisation des villages est considérée comme un axe stratégique pour la démarche de développement durable du groupe. Des avantages multiples ont été identifiés dans les villages déjà engagés dans la certification.

Sur le plan financier, les économies attendues d’une telle démarche sont difficiles à évaluer (et notamment à dissocier d’autres facteurs) mais sont principalement liées à la baisse des consommations en eau et énergie (des économies estimées entre 2 et 3% la première année de certification). D’autres économies peuvent provenir de la meilleure gestion des déchets ou des achats, et des coûts sont évités grâce à une meilleure prévention des risques (d’incidents, réglementaires, de réputation, de dégradation des sites ou autres).

Sur le plan commercial, être labellisé permet l’accession à certains marchés nouveaux et répond à l’émergence de l’éco-consommateur et aux critères de développement durable pris en compte par certains donneurs d’ordres. En effet, certaines politiques d’achat des grands comptes exigent le choix d’un prestataire pouvant prouver sa performance en développement durable. Les villages certifiés sont également référencés dans des sites spécialisés et profitent d’une meilleure couverture médiatique.

Au-delà de ces intérêts financiers et commerciaux, d’autres bénéfices importants relèvent du capital immatériel de l’entreprise : fidélisation et satisfaction de la clientèle, fierté d’appartenance, professionnalisation des équipes, meilleures relations avec les communautés locales… D’autres risques stratégiques souvent peu suivis par les entreprises sont également mis à l’ordre du jour grâce à la démarche de certification. Le Club Méditerranée s’intéresse par exemple au niveau des mers, à l’enneigement, etc. Les villages sont encouragés à être proactifs et à appliquer les meilleures pratiques, surtout dans les pays en développement où les infrastructures publiques sont insuffisantes et les réglementations moins exigeantes que les attentes du label.

La certification peut être structurante si elle est utilisée comme feuille de route pour les équipes et responsables de l’entreprise. Elle pousse à formaliser, mesurer et surveiller davantage. Ainsi certains chefs de village sont objectivés par exemple sur l’obtention et le maintien du label.

Selon Agnès Weil, directrice développement durable du Club Méditerranée, celui-ci « a choisi le label Green Globe pour plusieurs raisons. Le référentiel est l’un des plus complets sur le marché et couvre tous les enjeux du secteur : environnementaux, sociaux, culturels et économiques. Il est reconnu au niveau international et avoir un seul label permet une communication homogène au sein du groupe, ce qui facilite la sensibilisation des clients et employés à la démarche ».

Elle ajoute que « la certification n’est pas seulement un axe de différenciation vis-à-vis des clients, c’est avant tout le reflet de la responsabilité que le Club Méditerranée doit assurer afin de conserver sa légitimité d’opérer dans les plus beaux endroits du monde (sa « License to Operate »). Les clients n’attendent pas moins du Club, c’est un prérequis ».


Le développement durable prend une part croissante dans la gestion des établissements hôteliers et dans les activités de tourisme.

Deloitte & In Extenso ont développé des compétences spécifiques et reconnues, et disposent d’experts en développement durable connaissant bien les différents labels et méthodologies, qui accompagnent les acteurs du secteur dans la mise en place de leurs démarches et de leurs labellisations.

A propos de l'expert

Guy Boulo

Guy Boulo
Directeur de Transaxio Hôtel, Partenaire du groupe In Extenso

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