2013, une année entre parenthèses ? 3ème partie

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Écrit par Philippe Gauguier le 3 avril 2014   |   369 vues0 commentaire

Comme l’année passée, ce sont les prix moyens qui ont permis aux chiffres d’affaires de rester sur une pente ascendante. Les hôteliers espèrent que 2014 marquera un véritable retour de la demande.

Régions, bis repetita

Les années se suivent et se ressemblent, serait-on tenté de penser à la lecture des performances 2013 de l’hôtellerie en régions. Avec une clientèle essentiellement générée par les entreprises implantées localement, les hôtels ont encore subi cette année la morosité économique ambiante.

Globalement, le taux d’occupation et le prix moyen ont peu varié et sont restés à un niveau bas. Au final, les chiffres d’affaires hébergement ont stagné au niveau de 2012. Seule exception dans ce marasme, l’hôtellerie de luxe dont le chiffre d’affaires hébergement a progressé. Certes, la hausse est timide et repose essentiellement sur des gains de prix moyen mais, dans le contexte actuel, c’est une nouvelle appréciable.

Agglomérations, dans l’attente de la reprise

Pour la seconde année consécutive, le marché hôtelier français est engagé dans une passe difficile. L’année 2013 n’a pas montré, à proprement parler, de chute des performances commerciales, comme cela a pu être le cas en 2009 ou en 2012. Cependant, les temps sont à la stagnation et à une lutte acerbe pour les parts de marché. Le phénomène se retranscrit dans l’activité des grandes agglomérations où, si le bilan n’est pas catastrophique, il met en évidence une demande hôtelière globalement morose.

Quelques villes ont davantage souffert, comme Montpellier ou Rennes, avec un recul marqué des chiffres d’affaires hébergement. A l’inverse, l’hôtellerie marseillaise a réalisé une belle année 2013 et a enregistré une nette croissance de ses performances. La majorité des agglomérations affiche des performances stables par rapport à 2012 ou en évolution très modérée, à la baisse ou à la hausse. Cette stabilité fragilise les hôteliers et constitue une inquiétude dans la mesure où elle se mesure par rapport à une année 2012 difficile. Les phénomènes à l’œuvre en 2012 ont globalement conduit aux mêmes résultats en 2013. Toutefois, des exceptions émergent, qui interpellent et doivent être l’occasion d’une réflexion en profondeur.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets…

Comme en 2012, deux phénomènes concomitants ont pesé sur les performances hôtelières de certaines grandes agglomérations.

Le mix clientèle est encore et toujours trop dominé par une clientèle française séjournant pour des motifs professionnels. La demande est générée directement ou de manière induite par les entreprises implantées sur le territoire des agglomérations et se concentre sur le cœur de semaine. Quand l’économie française est dynamique, il devient difficile de trouver des chambres du mardi au jeudi, mais quand la conjoncture est morose, les hôteliers peinent à remplir. 2013 ne restera pas une année de référence pour l’économie française et a donc été difficile pour les hôteliers.

Autre phénomène déjà présent en 2012 et qui a continué de peser sur les performances de certaines agglomérations : la croissance du parc hôtelier. Certaines métropoles ont enregistré ces dernières années une forte progression du nombre de chambres disponibles.

Des villes comme Nantes ou Montpellier ont connu sur les cinq dernières années une augmentation de leur parc supérieure à 10%. Ces nouveaux établissements arrivent dans un contexte tendu et leur montée en puissance se fait parfois au détriment d’acteurs déjà en place.

 

A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso In Extenso TCH

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