2013, une année entre parenthèses ? 1ère partie

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Écrit par Philippe Gauguier le 27 mars 2014   |   399 vues0 commentaire

France : une fréquentation à l’arrêt !

Après 2012, l’espoir était que le cap le plus dur soit passé. Le sentiment général était que la crise ne pouvait durer éternellement, que l’environnement économique allait s’éclaircir et la croissance repartir. En bref, les beaux jours se profilaient à nouveau, et les entrepreneurs, y compris hôteliers, pensaient enfin pouvoir retrouver le sourire. Quelques analystes se démarquaient toutefois en attirant l’attention sur un environnement économique restant incertain et pouvant réserver quelques mauvaises surprises.

Cette vision prudente est malheureusement celle qui s’est concrétisée. A l’heure du bilan, 2013 apparaît comme une année bien compliquée. Les plans sociaux se sont multipliés, l’économie française a continué de détruire des emplois sur fond d’agitation sociale, et avec un taux de croissance du PIB de l’ordre de 0,2%(1), rares sont les acteurs économiques à avoir le sourire.

La fréquentation des hôtels s’est inscrite en 2013 dans la continuité de 2012. Depuis deux ans, l’occupation des hôtels est en baisse. Il ne s’agit pas d’une forte chute de l’activité mais plutôt d’une lente érosion. En 2013, les baisses de l’occupation ont été, dans la plupart des catégories, inférieures à 1%. Un recul si léger qu’il serait plus juste de parler de stagnation que d’une réelle baisse de l’occupation. Il n’empêche, le moteur de l’activité hôtelière est à l’arrêt depuis près de deux ans.

Cette fréquentation en berne est d’autant plus problématique qu’après la crise majeure de 2008-2009, la modeste reprise enregistrée en 2010-2011 n’a pas permis de compenser la chute d’activité antérieure. Au final, si l’on fait la comparaison avec 2009, point bas de la crise, le constat est que la fréquentation a stagné dans l’hôtellerie économique ou super-économique – ou n’a que faiblement progressé – dans l’hôtellerie de milieu de gamme. Seule l’hôtellerie de haut de gamme et de luxe semble faire mieux que la moyenne et affiche une réelle croissance de sa fréquentation.

Comme beaucoup d’activités de services, l’hôtellerie souffre du contexte économique et de ses conséquences sur les dépenses des entreprises et des particuliers. Ils ont sérieusement limité les dépenses jugées non stratégiques, au premier rang desquelles les séjours hôteliers.

Autre conséquence de la prudence des entreprises et des particuliers face à un environnement économique anxiogène, les prix moyens subissent une forte pression.

L’hôtellerie de luxe affiche une croissance appréciable mais sa situation est atypique. Elle a pu tirer profit d’une plus grande ouverture à l’international et engranger les bénéfices de la reprise économique américaine, asiatique, voire de certains de nos voisins européens.

Pour les autres catégories, la faiblesse de la demande et une concurrence vive ont conduit les hôteliers à une très grande prudence tarifaire. De fait, entre les velléités des entreprises de renégocier les contrats et la pression sur les prix induite par les OTA(2), la marge de manœuvre était réduite pour la majorité des destinations.

Suite de l’article à venir :  Paris, exception dans le paysage hôtelier français ?

(1) Source : FMI
(2) OTA : Online Travel Agency

 

A propos de l'expert

Philippe Gauguier

Philippe Gauguier
Responsable Conseil en Tourisme, Hôtellerie, Restauration, Associé groupe In Extenso In Extenso TCH

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